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BACKYARD CHARTREUSE 2022
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8 Novembre 2022 - SALMON Lionel
BACKYARD CHARTREUSE 2022
Immersion dans cette course folle au travers du récit de Martin!!

"L'année dernière, les copains étaient partis à l'assaut de cette course particulière (faire 6,7km en une heure le plus de fois possible) et j'avais eu une envie irrésistible de tenter l'aventure. Tu cours, tu marches jusqu'à ce que tes jambes ne te portent plus : ça c'était la théorie...

L'insatiable Yves D. et Stéphane D. avaient cette même envie de prendre le départ. Grégoire qui avait une revanche à prendre (voir l'excellent compte-rendu de Cécile l'année dernière : LIEN) et Cécile toujours prête à partager un moment de sport avec les copains avaient remis le couvert cette année.

Départ midi : on arrive à l'ouverture du gymnase (10h) et plus de la moitié des concurrents sont déjà là.

Tout ce petit monde s'installe, on se croirait dans un camp de réfugiés (sacs de couchage, lits de camp, tables de camping...).

Stéphane arrive avec sa femme Marie qui réalisera son assistance et nous sera d'une aide précieuse.

Une demi-heure avant le départ, il se met à pleuvoir copieusement. Ça sera donc veste de pluie pour tout le monde.

Pour les chaussures, légère hésitation entre les running (fidèle compagnon de toutes mes sorties d'entrainement) et les trails (qui sont plus imperméables et évitent les glissades dans la boue mais qui ne me sont pas toujours agréable au bout de quelques heures). Finalement, ce sera la carte de la sureté avec les running, en plus j'en ai apporté trois paires :)

C'est parti pour les premiers tours, où la stratégie est la suivante 15min de marche puis course jusqu'à l'arrivée. Cela permettant d'éviter la foule des 250 coureurs (effectivement, je me retrouve seul derrière sur les deux premiers kilomètres), de bien repérer le parcours et les trajectoires. C'était sans compter les arrêts pour passer les énormes flaques de boue et croiser les autres concurrents car nous avons pris une énorme averse et le parcours s'apparente plus à une énorme piscine qu'un chemin. 

Au quatrième tour, changement de programme : je décide de faire un tour tout en courant pour avoir du temps pour se changer, faire un gros ravitaillement et essayer un petit somme. Malgré une chute dans la boue à un endroit où le seul possible passage possible à cause de la mare créée par les intempéries est une bordure glissante le long d'un fil barbelé, je réalise mon tour le plus rapide en 39 minutes.

A ce moment-là, je décide de faire mes tours avec Cécile qui débute par 5 minutes de marche puis court sauf dans les passages boueux. C'est cool, on papote.

Deux tours plus tard, même endroit que précédemment : glissade, je veux éviter la chute et je me retiens au fil barbelé et je me perfore la main. Heureusement, Cécile a prévu la trousse à pharmacie : nettoyage du sang au gel hydro-alcoolique et c'est reparti pour un 7ème tour alors que la nuit est tombée.

En se dirigeant vers la ligne, je vois une concurrente arriver en 59min40sec. Je l'attrape par le bras pour la diriger vers un nouveau départ. Je commence le tour en marchant à côté d'elle, lui propose de l'eau. Elle repart péniblement en trottinant, je décide alors de l'accompagner jusqu'au demi-tour en lui prodiguant des conseils nous sommes alors loin derrière les autres. Arrivés à mi-parcours, je me rends compte que ça va être compliqué pour elle de passer sous l'heure surtout si je l'abandonne toute seule dans la nuit. Je continue donc avec elle. On se rapproche, seulement je regarde ma montre il ne reste plus que 5 minutes pour franchir la ligne et Véronique faiblit. Je choisis donc l'option de la pousser avec la main du coté où je porte ma montre.

Le stade est en vue enfin, ça va le faire ! Sauf qu'à ce moment, sonne un seul signal de corne signifiant que le prochain départ est dans une minute. Je laisse donc Véro et file à toute allure pour essayer de terminer ces 300 derniers mètres. Lorsque j'arrive sous l'arche, nouveau signal annonçant le nouveau départ et l'horloge affiche 1h00min02sec.

Pas le temps de s'arrêter ni de réfléchir j'enchaine sur un nouveau tour. Je retrouve les copains et là, je peste, je fulmine, je suis vraiment trop bête : je vais être éliminé, c'est sûr car il faut faire le tour en moins d'une heure. Je suis trop dégouté, en plus je n'ai pas d'eau pour ce tour (je pense que de tout façon je n'en ai pas besoin car c'est fini pour moi). Je décide de faire le retour rapidement pour être fixé rapidement sur mon sort en regardant le tableau d'affichage.

En arrivant au gymnase, un membre de l'organisation est devant son ordinateur. Je lui demande : "Est-ce que je suis éliminé ?

- C'est quoi ton nom ?

- Gandon

- Tu viens de faire un tour en 48min c'est tout bon.

- Non, regardez le tour précédent 1h et 4 secondes. J'ai essayé d'aider une concurrente.

- Tu veux courir ?

- Oui :

- Alors vas-y, je ne suis pas à quelques secondes près à ce stade de la course.

Énorme soulagement, il faut faire redescendre l'adrénaline et penser à s’hydrater !

Les parents de Grégoire sont arrivés pour encouragement et assistance et ils ont commandé des pizzas : petit ravitaillement de pur bonheur.

Quelques tours plus loin, nous croisons Yves loin derrière, nous pensons alors que s'en est fini pour lui mais, en fait, il s'était trompé de chemin dans la nuit et au prix d'un bel effort sur le retour, il arrive à couper la ligne tout juste sous l'heure. Nous sommes donc tous en course mais l'effort consenti par Yves ajouté au fait qu'il n'était pas dans une grande journée le fera stopper à la fin du 12ème tour. 

Nous repartons avec Cécile pour une 13ème boucle et elle me confie être dans le dur mais moins que l'année dernière au bout de 12 tours. Depuis quelques tours déjà, je fais le début avec elle puis poursuit à mon rythme.

Au début du 13ème tour, nous passons à côté d'un coureur qui vomit. C'est en fait Stéphane qui stoppera sa course à la fin de ce tour tout comme Grégoire qui depuis quelques tours ressentait une douleur et râlait (ça depuis les premiers tours ;)). Il bat toutefois son record de l'année dernière.

En quelques heures tout évolue si vite, car la fin du 14ème, c'est complétement hagarde que nous la voyons rentrer dans le gymnase. Dès le début du 15ème tour, je l’encourage : " Allez Cécile, allez". Je me retourne, elle est déjà loin à marcher péniblement. Je comprends alors que c'est certainement la fin pour elle. Bizarrement, je ne la vois pas passer après le demi-tour (je pense alors qu'elle est rentrée au gymnase). Quand j'arrive, elle n'y est pas.

Je repars, les jambes un peu lourdes pour un 16ème tour, en pensant la croiser. 1km rien.

Puis deux frontales.

"Cécile ?" Non ce n'est pas elle, mais deux autres concurrents.

Pas d'autre lumière au loin, et j'entends le tumulte de la rivière que nous longeons à chaque aller-retour. Je suis saisi d'un moment d’angoisse : pourquoi l'avoir fait repartir alors qu'elle n'était plus lucide, qu'il fait noir et qu'à quelques mètres s'agite une rivière protéger par aucun garde-corps : j'imagine le pire.

Soudain, une lumière. Cécile est là : pas très en forme mais bien vivante. Énorme soulagement. 

17ème tour, les ennuis commencent. Il m'est très pénible de marcher donc je privilégie la course (lente ça ne va pas vite à ce moment), c'est dur mais je me projette sur les 19heures qui correspondent au lever du jour.

Fin de la 18ème heure, malgré les massages de Cécile, les ravitos aux petits soins de Grégoire et Yves, la course devient difficile aussi mais la marche est pire : je sens la fin arriver. Je ne supporte plus mes chaussettes et mes chaussures pleines de terre. Je demande à Cécile de préparer de nouvelles paires de chaussures et chaussettes pour la fin du prochain tour et ainsi essayer de faire un ultime 20ème tour.

Le 19ème tour est terrible, je cours c'est affreux, je marche c'est pire : j'ai des douleurs dans les jambes. J'arrive tout de même avec une petite marge. Je n'en veux plus de cette course !

A quoi ça sert de salir une nouvelle paire de pompe pour un seul tour que je ne suis pas sûr de terminer dans les temps. Je me dirige toutefois vers la douche afin de rincer les pieds suivi de Cécile qui me trouve assis en sanglots : les nerfs ont lâché, je suis au plus bas (je pensais être au plus bas).

Je repars pour ce dernier tour tout fraichement chaussé, et là comme par miracle, je sens dès les premières foulées que les jambes sont retrouvées, il fait jour, on peut choisir sa trajectoire à travers la boue, il y aura donc un 21ème tour après c'est sûr. Sur l'aller, un coureur me talonne, j'entends ses pieds taper chaque caillou alors que ma foulée me parait aérienne ; c'est grisant ce moment de grâce après 4 heures à repousser la souffrance. Je décide alors de continuer bon train afin d'essayer de me reposer sur le lit de camp à la fin du tour (j'envisage à nouveau la suite).

Après 44min et une fin de parcours où les jambes re-durcissent un peu, moment d'hésitation de ma super assistance (S'il est déjà là, a-t-il rebroussé chemin ou accéléré de 9min ? Que s'est-il passé : on l'a laissé en pleurs, déconfit, il revient tout sourire ?)

Allez, c'est parti pour un 21ème tour mais là ce n'est pas du tout la même qu'au tour précédent, je retrouve mes douleurs atroces. Je trottine péniblement, marche seulement pour les passages délicats et les arrêts pipi.

Je rentre au stand, nouveau craquage sanglotant sur ma chaise, je me dis que je vais repartir pour la dernière fois sans certitude de faire moins d'une heure, je ne peux plus endurer cela. Allez qu'on en finisse juste un tour et je serai sorti de ce cauchemar.

Je finis ce 22ème tour et je suis à bout mais je me rends compte que comme je ne peux quasiment plus marcher, j'ai toujours une bonne marge pour passer sous l'heure.

Je comprends alors la perversité du jeu. Je pensai me faire éliminer car je n'aurais plus les jambes pour courir et je ne pourrais pas tenir le délai imparti. Là, c'est le contraire je ne peux plus marcher c'est trop difficile, courir reste la seule solution et même avec des pauses je finis sous en moins d'une heure. Je fonds alors en sanglots une nouvelle fois devant l'un des organisateurs. 

Un nouveau 23ème départ s'annonce et tout en essayant sans succès de ravaler mes larmes je me traine péniblement au milieu des 20 autres concurrent(e)s restants vers la ligne de départ. Là, des concurrents ayant vu ma détresse se transforment non plus en adversaires mais en coéquipiers. Ils me parlent, me disent que c'est super pour un premier ultra, que ma foulée est encore efficace. C'est bien ça le problème, elle fonctionne pour continuer mais je souffre comme jamais, il va donc falloir que le cerveau dise stop une fois pour toute ; ce sera 24heures c'est décidé (ok c'est la quatrième fois que je parle d'un dernier tour). Je ne me souviens plus comment je boucle ce tour ni ce qu'il se passe au suivant mais comme un symbole, comme si j'étais arrivé sur une ligne d'arrivée je retrouve Luc F. (qui partage la plupart de mes entrainements et qui a donc une grande part dans tous mes résultats) et Martine, ma sœur et mon beau-frère. Tout ce petit monde venu à point pour m'encourager ou surtout pour assister à la délivrance : JE NE REPARTIRAI PAS POUR UN TOUR DE PLUS CETTE FOIS ! Bientôt rejoints par mon amoureuse et ma petite fille. La vie peut enfin reprendre son cours.

Conseils pour ceux qui seraient tentés par l’expérience :

- Une assistance est indispensable (Merci Marie, les parents de Grégoire et les super copains balanais.)

- Partager un tour, il paraitra plus facile : les tours avec Cécile, celui avec Véro, les échanges avec d'autres concurrents notamment ont été des kilomètres plus faciles.

- N'y allez pas, c'est de la connerie leur truc. ;)

Désolé pour ce pavé mais c'était une aventure déroutante qui méritait plus que quelques lignes.

Martin".

 

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